
Tshopo : Ebola fait 25 morts sur 62 cas confirmés, Lendongolia hausse le ton contre les réfractaires
La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola reste préoccupante dans la province de Tshopo. Avec 62 cas confirmés, dont 25 décès, le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga appelle la population à respecter strictement les mesures barrières. Il annonce également des sanctions contre les structures sanitaires qui dissimulent des informations et met en garde les auteurs de violences et de désinformation visant les équipes de riposte.
Lors d’une adresse à la presse locale, ce lundi 12 octobre 2026, le gouverneur a dressé un tableau inquiétant de l’évolution de l’épidémie, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement provincial à endiguer sa propagation.
Selon lui, la Tshopo a été touchée par cette épidémie après l’arrivée, le 23 juin dernier, d’un corps sans vie en provenance de la province de l’Ituri. Depuis, les autorités provinciales ont multiplié les mesures préventives pour limiter la transmission du virus et protéger la population.
À ce jour, le bilan présenté par le gouverneur indique 62 cas confirmés, dont 25 décès, 29 personnes guéries et 8 malades actuellement pris en charge. En parallèle, environ 3 000 personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ont été recensées et placées sous surveillance.
Mesures renforcées face à la progression de l’épidémie
Face à la menace persistante, le gouvernement provincial a pris des arrêtés interdisant le transport des corps sans vie en provenance des zones touchées, restreignant les rassemblements et rendant obligatoire le respect des mesures barrières. Une cellule provinciale de veille a également été mise en place pour renforcer la coordination des actions de riposte.
Malgré ces mesures, Paulin Lendongolia Lebabonga insiste sur la nécessité de rester vigilant. Il appelle les habitants à prendre la maladie au sérieux et à appliquer scrupuleusement les recommandations des services sanitaires.
Le gouverneur déplore également le scepticisme d’une partie de la population, qui continue de mettre en doute l’existence de la maladie. Pour lui, cette attitude constitue un obstacle majeur aux efforts déployés pour freiner la propagation du virus.
Sanctions contre les structures sanitaires réfractaires
Le gouverneur a annoncé des mesures fermes contre certaines structures sanitaires accusées de dissimuler des informations importantes concernant la prise en charge de personnes suspectées ou confirmées positives à Ebola. Des établissements ont déjà été fermés pour de tels manquements, et les sanctions seront étendues à tout établissement, public ou privé, qui accueillerait des cas suspects ou confirmés sans en informer les équipes compétentes de la riposte.
Pour l’autorité provinciale, la transparence et la collaboration entre les formations sanitaires et les services chargés de la lutte contre Ebola sont essentielles pour une réponse efficace. La dissimulation d’informations risque de compromettre les efforts de surveillance et de contrôle de l’épidémie.
Violences contre les équipes de riposte : Lendongolia met en garde
Le gouverneur a également exprimé son inquiétude face aux menaces, agressions et actes de destruction visant les équipes engagées dans la lutte contre Ebola. Il a signalé plusieurs incidents, notamment à Bafwasende et à Kisangani, où des agents de la riposte ont été blessés et du matériel a été détruit.
En réponse, il a annoncé la mobilisation des services compétents pour prendre des mesures contre les personnes impliquées dans ces violences et celles qui diffusent de fausses informations ou alimentent des campagnes de désinformation.
Appel à la responsabilité collective
Au-delà des mesures administratives et sécuritaires, le chef de l’exécutif provincial insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective. Il invite chaque habitant à adopter les gestes de prévention recommandés, à protéger ses proches et à faciliter le travail des équipes de surveillance et de prise en charge.
Pour Paulin Lendongolia Lebabonga, la lutte contre Ebola ne pourra aboutir sans l’implication active de la population, le respect des consignes sanitaires et une collaboration étroite entre les autorités, les professionnels de santé et les communautés locales.
Réaffirmant son engagement à protéger la population de Tshopo, le gouverneur assure que les efforts se poursuivront jusqu’à la maîtrise de l’épidémie. L’urgence est désormais de briser les chaînes de transmission, de renforcer la confiance entre les habitants et les équipes sanitaires et de faire de la prévention une responsabilité partagée.
Blaise MUSSA
Rédaction
+243852402006
