Épidémie d’Ebola en RDC : MSF renforce sa riposte face à une propagation inquiétante dans l’Est du pays

Épidémie d’Ebola en RDC : MSF renforce sa riposte face à une propagation inquiétante dans l’Est du pays

Face à l’expansion rapide de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé le lundi 1 juin 2026 l’intensification de ses activités médicales en soutien au ministère de la Santé. L’objectif est de renforcer la riposte dans les provinces les plus touchées, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Cette épidémie, causée par le virus Bundibugyo, évolue dans un contexte particulièrement difficile marqué par l’insécurité persistante, les déplacements de populations et l’accès limité aux soins de santé. Les autorités sanitaires continuent de signaler des cas suspects et confirmés, tandis que les équipes de MSF travaillent à renforcer les capacités de prise en charge, d’isolement, de prévention et de surveillance épidémiologique.

L’Ituri, principal foyer de l’épidémie

Selon les données disponibles au 30 mai, près de 300 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 50 décès ont été officiellement enregistrés dans les trois provinces affectées. Plus de 90 % des cas suspects proviennent de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie.

Pour répondre à cette situation, MSF construit et gère plusieurs Centres de traitement Ebola (CTE), notamment une structure de 65 lits à Mongbwalu et un autre à Bunia pouvant accueillir jusqu’à 36 patients. L’organisation appuie également l’isolement et la prise en charge des cas suspects dans les structures sanitaires de Mongbwalu, Bunia et Fataki.

Toutefois, l’ampleur réelle de l’épidémie demeure difficile à évaluer en raison du faible nombre de tests réalisés et des difficultés d’accès à certaines zones affectées.

« Nous travaillons dans un contexte particulièrement difficile », explique Ewald Stals. Il souligne notamment les restrictions de déplacements aériens et terrestres, les retards dans l’analyse de centaines d’échantillons ainsi que l’insuffisance des capacités d’isolement et de prise en charge.

Des capacités renforcées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu

Au Nord-Kivu, MSF gère un Centre de traitement Ebola de 80 lits à Goma et renforce les dispositifs d’isolement dans plusieurs localités, notamment Walikale, Mweso, Rutshuru et Butembo.

Dans le Sud-Kivu, les équipes de l’organisation mettent en place des centres de traitement à Bukavu et à Lwiro, tout en formant les personnels de santé aux mesures de prévention et de contrôle des infections.

Sensibilisation et surveillance au cœur de la riposte

Au-delà de la prise en charge médicale, MSF renforce les activités de surveillance épidémiologique et d’engagement communautaire. Les équipes sensibilisent les populations aux symptômes de la maladie, aux modes de transmission et à l’importance du signalement rapide des cas suspects.

L’organisation contribue également au renforcement des systèmes d’alerte sanitaire dans les structures de santé et au sein des communautés. Des lignes d’alerte gratuites sont mises en place lorsque nécessaire, tandis que l’utilisation des numéros verts du ministère de la Santé est encouragée afin de faciliter la notification rapide des cas.

Pour Ewald Stals, l’absence de traitements et de vaccins approuvés contre cette souche du virus rend essentielles les mesures visant à interrompre les chaînes de transmission.

Maintenir les soins de santé essentiels

MSF insiste également sur la nécessité de préserver l’accès aux soins de santé essentiels pendant la crise. Selon l’organisation, Ebola ne constitue pas la seule urgence sanitaire dans l’est de la RDC. Le paludisme, la rougeole, le choléra, la malnutrition et d’autres maladies continuent de provoquer une mortalité importante.

Ainsi, les équipes poursuivent leurs interventions dans les domaines de la santé maternelle et reproductive, de la pédiatrie, de la prise en charge de la malnutrition, des soins aux blessés, ainsi que de la lutte contre les épidémies de rougeole et de choléra.

Parallèlement, plusieurs centaines de tonnes de matériel médical et logistique ont déjà été acheminées vers les provinces affectées malgré les défis sécuritaires et logistiques. MSF continue également de déployer du personnel médical et des médicaments essentiels afin de soutenir les structures sanitaires locales.

Une situation en constante évolution

Alors que l’épidémie continue de progresser, l’organisation humanitaire prévient que la situation épidémiologique pourrait évoluer rapidement dans les jours et les semaines à venir.

« MSF reste prête à adapter ses activités et à renforcer son soutien à la riposte en étroite coordination avec les autorités sanitaires et les communautés, en fonction de l’évolution de la situation et des besoins les plus urgents », a conclu Ewald Stals.

Cette mobilisation intervient à un moment critique où les capacités de réponse restent limitées face à l’ampleur croissante de l’épidémie, renforçant l’urgence d’une solidarité nationale et internationale pour contenir la propagation du virus et protéger les populations les plus exposées.

Rédaction
+243852402006

CATEGORIES
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )
%d bloggers like this: