
Kasaï-Central : Micheline Ombae évalue la lutte contre les VBG, entre avancées judiciaires et déficit de magistrats
La Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a présidé ce mardi 21 avril à Kananga une séance d’évaluation cruciale du projet de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Si le bilan affiche des avancées notables, notamment sur le plan des condamnations, le manque de personnel judiciaire menace la pérennité des efforts entrepris depuis la crise Kamuina Nsapu.
Plusieurs années après les conflits qui ont meurtri le Grand Kasaï, l’heure est au bilan pour les mécanismes de protection des populations vulnérables. Soutenu par l’agence coréenne KOICA et mis en œuvre techniquement par le PNUD, l’UNFPA et l’UNICEF, ce programme multisectoriel vise une prise en charge globale des victimes à Kananga, mais aussi à Kinshasa et au Sud-Kivu.

Le volet sécuritaire et judiciaire semble porter ses fruits. Selon le commissaire de la Police nationale congolaise (PNC) à Kananga, Emmanuel Badibanga, la montée en compétences des forces de l’ordre et des avocats est désormais palpable. Ce renforcement capacitaire, couplé à l’organisation d’audiences foraines et à une logistique accrue, a permis d’aboutir à plus de 70 condamnations dans des dossiers de violences sexuelles.

Maître Justin Mubaka, représentant du bâtonnier, qui a toutefois plaidé pour une « synergie plus fluide » entre les différents maillons de la chaîne pénale afin d’optimiser les procédures et d’éviter les goulots d’étranglement.
Le cri d’alarme du tribunal de Kananga
Malgré ces succès, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le président du Tribunal de grande instance de Kananga a profité de la tribune pour exposer une réalité brutale : le criant manque de magistrats.
Face à l’augmentation du volume de dossiers traités, les effectifs actuels s’essoufflent, ralentissant la machine judiciaire.
Autre zone d’ombre soulevée : la rupture du suivi des victimes lors des procédures en appel. Ce désengagement fragilise le parcours de réparation des survivantes, souvent délaissées une fois le premier jugement rendu.
Sur le terrain social, le centre de prise en charge intégrée de Lukonga a été cité en exemple comme modèle de réussite. Pour la société civile, le prochain défi sera l’ancrage communautaire : impliquer directement les structures locales pour briser définitivement le tabou et le cycle de la violence.
En conclusion, la ministre Micheline Ombae Kalama a insisté sur l’après-projet. Pour elle, la fin des financements internationaux ne doit pas signifier l’arrêt des services.

« Nous devons veiller à la pérennisation des acquis », a-t-elle martelé, s’engageant à porter le plaidoyer auprès du gouvernement central pour combler les déficits en ressources humaines et matérielles.
Dans cette province en pleine reconstruction, la consolidation de ces mécanismes de protection reste la condition sine qua non d’une paix sociale durable.
Rédaction
+243852402006
