
Genocost 2026 : les Congolais appelés à signer une pétition pour la création d’un tribunal international spécial en RDC
En marge de la commémoration de la quatrième édition du Genocost, organisée le 2 août 2026 à Kisangani, les Congolais ont été appelés à signer une pétition en ligne, accessible via un code QR, afin de réclamer la création d’un tribunal international spécial pour la République démocratique du Congo. Cette initiative vise à obtenir la reconnaissance internationale du génocide congolais, à l’instar de tribunaux internationaux mis en place pour d’autres conflits.
Ce projet est soutenu par un collectif d’activistes de la société civile et des mouvements citoyens de la province de la Tshopo. Il bénéficie également de l’appui du gouvernement provincial, représenté par le vice-gouverneur, ainsi que du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (Fonarev).

Pour Lambert Bakonda, militant du mouvement citoyen Lucha, cette édition du Genocost revêt un caractère particulier en raison de cette campagne de collecte de signatures destinée à obtenir la création d’un tribunal international spécial pour la RDC.

« Cette édition est particulière parce que nous menons une campagne de signature d’une pétition. Dès que nous atteindrons cinq millions de signatures, nous espérons que le monde reconnaîtra le génocide congolais, comme il a reconnu d’autres tragédies de l’histoire », a déclaré Lambert Bakonda, animateur principal de la cérémonie.
Un recueillement à la place du Canon
En fin d’après-midi, la place du Canon a accueilli une importante cérémonie de recueillement. Bougies allumées à la main, les participants ont formé un grand cercle d’environ vingt mètres de diamètre en mémoire des millions de victimes des violences ayant frappé la République démocratique du Congo.
Étudiants, acteurs de la société civile, défenseurs des droits humains, membres du gouvernement provincial, députés provinciaux, représentants des victimes de la guerre des Six Jours, motards et nombreux citoyens de la Tshopo se sont réunis pour rendre hommage aux victimes.

Des chants patriotiques appelant à l’unité nationale, à la paix et à la défense de l’intégrité territoriale de la RDC ont été entonnés par les militants de la Lucha avant d’être repris par l’ensemble de l’assistance.
Prenant la parole à cette occasion, le vice-gouverneur de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku, a salué l’engagement de la jeunesse dans ce travail de mémoire.
«Je félicite cette initiative citoyenne portée par les jeunes. Merci de défendre la cause de notre pays. La question nous est souvent posée : “Lorsque vous avez su, qu’avez-vous fait ?” Aujourd’hui, ces jeunes répondent par des actes afin que de telles tragédies ne se reproduisent plus jamais », a-t-il déclaré.»
Le parcours de mémoire à la place des Martyrs
La commémoration s’est poursuivie à la place des Martyrs, où les participants, toujours munis de bougies allumées, ont pris part au « Parcours de mémoire Genocost 2026 », organisé par le Fonarev.
À l’entrée du site, des messages tels que « Le Congo n’oublie pas » et « Le Congo se souvient » accueillaient les visiteurs.
Des panneaux retraçant les principales tragédies ayant marqué l’histoire récente de la RDC étaient exposés. Chaque panneau présentait le lieu, la période ainsi que le nombre estimatif de victimes ou de personnes déplacées à la suite des crimes perpétrés contre les populations congolaises.

Plus tôt dans la journée, une messe de requiem avait été célébrée sur l’esplanade de l’hôtel de ville de Kisangani en mémoire des victimes des génocides congolais. Les autorités politico-administratives, les représentants de la société civile, les jeunes ainsi que de nombreux habitants avaient pris part à cette célébration de recueillement.
Vincent MASHAURI
Rédaction
+243852402006
