
Kisangani : l’AJDDH lance une campagne communautaire pour briser les résistances face à Ebola
« Ebola existe : protège-toi et sauve ta communauté », le message porté par l’ONG auprès des leaders communautaires
Face aux résistances, rumeurs et fausses informations qui entourent la maladie à virus Ebola dans la ville de Kisangani et ses environs, l’ONG Action pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) intensifie la sensibilisation communautaire. L’organisation a lancé une campagne de mobilisation placée sous le thème : « Ebola existe et tu protèges-toi et sauve ta communauté ».
À travers cette initiative, l’AJDDH entend informer différentes couches de la population sur l’existence de la maladie à virus Ebola, les moyens de prévention et les comportements à adopter pour limiter les risques de contamination.

Quatre obstacles ciblés par la campagne
Selon le directeur exécutif de l’AJDDH, Jedidia Mabela, cette campagne part d’un constat fait sur le terrain : la réponse à Ebola reste confrontée à plusieurs formes de résistance communautaire.
Le premier obstacle identifié est la négation de l’existence de la maladie. Certains membres de la communauté, explique-t-il, continuent de croire qu’Ebola serait une invention destinée à attirer des financements. L’AJDDH veut ainsi contribuer à rétablir la confiance à travers des informations vérifiées et relayées par des acteurs crédibles.
Le deuxième obstacle concerne la mystification des Centres de traitement Ebola (CTE). Pour l’organisation, certaines perceptions négatives de ces structures sont alimentées par un manque d’information. D’où l’importance, selon Jedidia Mabela, d’organiser des causeries communautaires permettant aux spécialistes de santé de fournir des explications claires sur le fonctionnement des CTE et la prise en charge des malades.
Rumeurs et désinformation dans le viseur
L’AJDDH entend également s’attaquer à la désinformation et aux rumeurs, particulièrement présentes sur les réseaux sociaux.
« Ebola existe et représente un danger en termes de santé publique », insiste Jedidia Mabela, qui appelle les communautés à privilégier les informations provenant des sources sanitaires compétentes et à éviter de relayer des informations non vérifiées.

Le quatrième axe de la campagne porte sur le respect du protocole d’enterrement sécurisé. L’ONG souhaite notamment expliquer aux familles pourquoi le corps d’une personne décédée d’Ebola ne doit pas être manipulé directement par les proches, afin de réduire le risque de transmission.
Les organisations de la société civile en première ligne
La première causerie communautaire organisée par l’AJDDH a réuni les leaders des organisations de la société civile, notamment ceux des mouvements citoyens et associatifs.
Pour l’ONG, ces acteurs constituent des relais importants auprès de la population. Leur implication doit permettre de renforcer la diffusion des messages de prévention et de contribuer à réduire les résistances face aux mesures sanitaires.
Cette première activité ne constitue toutefois qu’une étape. D’autres rencontres sont annoncées avec les leaders religieux, les chefs coutumiers et les notabilités de la région.
L’objectif est de sensibiliser ces différentes catégories d’acteurs afin qu’elles puissent, à leur tour, relayer auprès de leurs communautés les messages relatifs à la prévention d’Ebola, au respect des mesures de protection et à la lutte contre les rumeurs.
À travers cette campagne, l’AJDDH entend donc placer l’information, la confiance et l’engagement communautaire au cœur de la riposte contre Ebola à Kisangani et dans ses environs.
Blaise MUSSA
Rédaction
+243852402006
