RDC : L’Union Sacrée accuse certains évêques de la CENCO de « subversion » et de collusion avec Joseph Kabila et le M23

RDC : L’Union Sacrée accuse certains évêques de la CENCO de « subversion » et de collusion avec Joseph Kabila et le M23

Le climat politique en République Démocratique du Congo se tend davantage. Réagissant vigoureusement aux récentes prises de position de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), la coalition au pouvoir, l’Union Sacrée de la Nation, dénonce ce qu’elle considère comme une tentative de déstabilisation des institutions de la République.

C’est le député national Jean Baudouin Mayo Mambeke, membre de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, qui a exprimé la position de la majorité présidentielle lors d’une déclaration officielle particulièrement ferme.

Une attaque frontale contre une partie de l’épiscopat

Dans cette déclaration, l’Union Sacrée accuse certains membres de la hiérarchie catholique de soutenir les adversaires de la République.

« Quelques évêques de la CENCO, en connivence avec Joseph Kabila, Paul Kagame et leurs supplétifs du M23, ne peuvent s’attribuer le monopole de la vérité ni de la raison sur une question aussi vitale pour notre destin commun », a déclaré Jean Baudouin Mayo.

En liant certains prélats à l’ancien président Joseph Kabila, au président rwandais Paul Kagame et à la rébellion du M23, la majorité présidentielle cherche à discréditer les critiques formulées par l’Église catholique, en les associant au contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est du pays.

L’Union Sacrée estime que les récentes déclarations de la CENCO constituent un « acte de subversion » pouvant encourager une remise en question de l’ordre institutionnel établi.

Le débat constitutionnel au cœur des tensions

Cette nouvelle passe d’armes survient dans un contexte marqué par des discussions sur une éventuelle révision ou modification de la Constitution de 2006, soutenue par plusieurs figures de la majorité présidentielle.

De son côté, la CENCO a récemment exprimé ses préoccupations concernant ce débat, estimant qu’une telle initiative pourrait fragiliser davantage le pays dans un contexte de guerre et d’instabilité persistante.

En qualifiant les évêques critiques de relais politiques d’un prétendu axe Kigali-M23, l’Union Sacrée déplace le débat du terrain institutionnel vers celui de la sécurité nationale et du patriotisme.

Reste à savoir quelle sera la réaction de la CENCO face à ces accusations graves. Historiquement impliquée dans plusieurs processus de médiation et de transition politique en RDC, l’Église catholique demeure un acteur influent de la vie publique congolaise.

Une chose est certaine : les relations entre le pouvoir en place et une partie de la hiérarchie catholique connaissent aujourd’hui l’une de leurs périodes les plus tendues.

Christian Matondo

Rédaction
+243852402006

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