
Kisangani : l’ICCN condamne le lynchage d’un singe du Jardin zoologique et appelle à la protection de la faune
L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), par le biais de la Direction du Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani (JZBKis), a exprimé sa profonde indignation suite au lynchage et à l’abattage d’un singe du zoo qui s’était échappé de son enclos. Dans un communiqué de presse publié le 6 juillet 2026, l’institution dénonce un acte de cruauté et rappelle à la population l’importance de protéger les espèces sauvages.
Selon le communiqué, le drame s’est produit le 3 juillet 2026, après que le primate ait quitté sa cage, avant d’être aperçu aux alentours du campus de l’Université de Kisangani (UNIKIS) et du cimetière de Makiso. Au lieu d’alerter les services compétents, plusieurs personnes l’auraient caillassé et battu à mort.
L’animal, connu sous le nom de « MANU », vivait au Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani depuis près de six ans. Habitué à la présence humaine, il ne représentait, selon la direction du zoo, aucun danger pour les habitants. L’établissement précise que le primate ne manifestait aucun comportement agressif et cherchait simplement à interagir avec les personnes qu’il rencontrait.
Au-delà de son importance patrimoniale, MANU présentait un intérêt scientifique exceptionnel. Il était issu d’un croisement rare entre un babouin mâle et un cercocèbe femelle, faisant de lui un sujet précieux pour les recherches sur les caractéristiques biologiques et comportementales des primates.
Pour la direction du JZBKis, cette disparition constitue une perte importante pour le patrimoine naturel et scientifique de la République Démocratique du Congo. Cela survient, souligne le communiqué, dans un contexte où le pays est déjà marqué par une vive émotion suite à la mort récente d’une baleine à Moanda, rappelant l’urgence de renforcer la protection de la biodiversité.
Face à cette situation, l’ICCN appelle la population boyomaise à adopter les bons réflexes en cas de présence d’un animal sauvage en divagation. L’institution recommande notamment de ne pas céder à la panique, d’éviter toute confrontation avec l’animal et d’alerter immédiatement les autorités du Jardin zoologique afin qu’elles interviennent dans des conditions sécurisées.
Enfin, la Direction du Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani rappelle que la capture, la maltraitance, la détention, la commercialisation et la mise à mort d’espèces protégées constituent des infractions graves passibles de poursuites judiciaires, conformément aux dispositions de la loi n° 24/020 du 30 décembre 2024, modifiant et complétant la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature.
Par cette mise au point, l’ICCN invite les citoyens à faire preuve de responsabilité et à contribuer activement à la préservation de la faune sauvage, patrimoine commun des générations présentes et futures.
Rédaction
+243852402006
