Journée nationale de l’enseignement : à Kisangani, le pasteur Samuel Waka appelle à une « refondation morale » des écoles privées

Journée nationale de l’enseignement : à Kisangani, le pasteur Samuel Waka appelle à une « refondation morale » des écoles privées

À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement célébrée le 30 avril de chaque année, une voix s’élève à Kisangani pour dénoncer les dérives observées dans certaines écoles privées. Celle du révérend pasteur Samuel Waka, promoteur du Complexe Scolaire L’Opportunité, qui plaide pour une rééducation des promoteurs et des enseignants afin de restaurer les valeurs fondamentales de l’éducation.

Pour cet éducateur et pédagogue de formation, le système éducatif repose sur deux piliers indissociables : l’éducation et l’instruction. Un équilibre qui, selon lui, tend à disparaître dans plusieurs établissements de la ville.

« L’enseignement a deux volets : l’éducation et l’instruction. C’est comme les deux ailes d’un oiseau. Sans complémentarité entre l’école et la famille, l’enfant ne peut pas se développer harmonieusement », explique-t-il.

Dans son analyse, Samuel Waka déplore une tendance préoccupante où la logique financière prend le pas sur les valeurs éducatives. Il accuse certains promoteurs d’accorder davantage d’importance aux élèves – perçus comme source de revenus – qu’aux enseignants, pourtant piliers du système éducatif.

« L’argent est en train de remplacer les valeurs positives dans certaines écoles privées. Les enseignants sont négligés alors qu’ils sont des partenaires essentiels dans la formation des enfants », dénonce-t-il.

Les conséquences de cette dérive sont visibles dans la ville, affirme-t-il : indiscipline croissante, perte d’autorité des enseignants et désorganisation du temps scolaire. Dans plusieurs cas, il devient difficile de distinguer les heures de cours des moments de récréation.

« Aujourd’hui, on voit des élèves en uniforme dans les rues de Kisangani à toute heure. Cela traduit un problème sérieux d’encadrement et de discipline dans certaines écoles », regrette le pasteur.

Face à cette situation, il appelle à une prise de conscience collective et à une véritable réforme des pratiques au sein des établissements privés. Selon lui, les promoteurs, les directeurs, les coordonnateurs et les enseignants doivent être « rééduqués » pour redonner à l’école son rôle fondamental.

« On peut être instruit sans être éduqué, et vice versa. Mais notre mission est de former des enfants qui possèdent à la fois le savoir et les valeurs », insiste-t-il.

Le promoteur du Complexe Scolaire L’Opportunité met également en avant la nécessité de préserver la dignité des enseignants, notamment dans la gestion des conflits en milieu scolaire.

« Lorsqu’un enseignant commet une faute, il faut le recadrer en privé, et non devant les élèves. Sinon, on détruit son autorité », prévient-il.

Dans son établissement, Samuel Waka affirme avoir mis en place un modèle basé sur la collaboration entre l’école et les parents, ainsi qu’un processus rigoureux de sélection des enseignants.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec le comité des parents. Le recrutement se fait sur la base d’un suivi moral, d’un dossier solide et d’un entretien, pour garantir une éducation de qualité », souligne-t-il.

À travers cet appel, le pasteur Samuel Waka invite les acteurs du secteur éducatif à recentrer leurs priorités sur l’essentiel : la formation intégrale de l’enfant. Un message fort, lancé en cette journée symbolique, qui remet au cœur du débat la responsabilité collective dans l’éducation des générations futures.

Eunice Ifanda

Rédaction
+243852402006

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