Gouvernement Suminwa II : Martin Fayulu, figure de l’opposition, à l’écart du pouvoir

Gouvernement Suminwa II : Martin Fayulu, figure de l’opposition, à l’écart du pouvoir

Le remaniement du gouvernement congolais, annoncé dans la nuit du 7 au 8 août, a révélé une exclusion notable de Martin Fayulu, leader emblématique de l’opposition et de son parti, l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé). Malgré la promesse du président Félix Tshisekedi de former un cabinet « resserré » et « ouvert » à l’opposition, la composition finale du gouvernement Suminwa II, qui compte 53 membres, témoigne d’une ouverture très limitée.

Une absence qui interroge

L’absence de Fayulu, ainsi que de ses lieutenants, ne semble pas être le fruit d’un oubli. Selon le porte-parole de la coalition Lamuka, Prince Epenge, cette exclusion résulte d’un refus explicite du camp Fayulu de rejoindre le gouvernement. « On n’entre pas au gouvernement par peur, intimidation, menace, chantage, agression, par pitié ou pour l’argent », a-t-il déclaré, soulignant une position issue d’un profond patriotisme et d’une conviction politique affirmée.

Dialogue en suspens

Le 5 juin dernier, Martin Fayulu avait été reçu par le président Tshisekedi au Palais de la Nation où il avait plaidé pour un dialogue social inclusif, impliquant des figures religieuses telles que les évêques de la CENCO et les pasteurs de l’ECC. Toutefois, cette initiative n’a pas donné lieu à des suites concrètes, et il avait précisé que la question d’une participation gouvernementale n’avait pas été discutée lors de leur entretien.

Une opposition vigilante mais divisée

L’absence de Fayulu dans le nouveau gouvernement confirme sa stratégie de maintien d’un contre-pouvoir en dehors des institutions et souligne les fractures au sein de l’opposition congolaise. Tandis qu’Adolphe Muzito, un autre opposant historique, a choisi d’accepter le poste de vice-Premier ministre en charge du Budget, Fayulu et ses partisans préfèrent garder une posture de résistance.

Cette divergence met en lumière les différents courants de pensée au sein de l’opposition, entre ceux qui optent pour la collaboration avec le pouvoir en place et ceux qui privilégient une approche plus critique et indépendante. Le gouvernement Suminwa II pourrait donc continuer à faire face à des défis importants, alors que la voix de l’opposition reste attentive et déterminée à défendre ses principes.

Christian Matondo

Rédaction
+243852402006

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