
Tshopo : à Bengamisa, Paulin Lendongolia veut sortir l’ISEA de l’oubli
Infrastructures vieillissantes, manque de moyens et besoins matériels persistants : l’ISEA/Bengamisa cherche un nouveau souffle. En visite sur place mercredi 14 octobre 2026, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a promis de porter le dossier jusqu’aux autorités nationales.
À une soixantaine de kilomètres de Kisangani, l’Institut supérieur d’études agronomiques de Bengamisa tente de remplir sa mission avec des moyens limités. Mercredi, le gouverneur de la Tshopo a constaté la réalité sur le terrain.

Paulin Lendongolia Lebabonga a parcouru les installations, échangé avec les responsables de l’établissement et écouté les étudiants. Cette visite avait pour but de mesurer l’ampleur des difficultés pesant sur cette institution spécialisée dans la formation agricole.
Au-delà de ce constat, le gouverneur a annoncé vouloir faire de l’ISEA/Bengamisa un dossier à défendre à Kinshasa.
Une école stratégique, mais confrontée à un manque de moyens
Pour la Tshopo, l’enjeu dépasse largement le fonctionnement d’un établissement d’enseignement supérieur. La province dispose d’un potentiel agricole considérable. Mais sans techniciens, ingénieurs agronomes et cadres bien formés, ce potentiel risque de rester sous-exploité.
C’est précisément là que l’ISEA/Bengamisa est appelé à jouer un rôle central. L’établissement forme des jeunes destinés à intervenir dans la production agricole, l’encadrement rural, la recherche et la valorisation des terres. Encore faut-il qu’il dispose d’infrastructures et d’équipements à la hauteur de cette mission.
La visite du gouverneur a remis au premier plan les besoins matériels, logistiques et académiques de l’institut.

Des outils pour passer de la théorie à la pratique
Paulin Lendongolia n’est pas venu les mains vides. Le gouverneur a remis à l’établissement des arrosoirs, des houes, des bêches, des bottes de protection, des semences ainsi que plusieurs sacs de riz. Cet appui vise à renforcer les travaux pratiques et les activités champêtres des étudiants.
Sur le site d’expérimentation, l’autorité provinciale a également planté une bouture de manioc, un geste symbolique pour encourager les étudiants et enseignants à renforcer le lien entre formation, expérimentation et production.
« Ces jeunes apprennent aujourd’hui comment nourrir toute la République. Il est de notre devoir de les soutenir et de leur donner les moyens de leurs ambitions », a déclaré Paulin Lendongolia.

Le dossier doit désormais monter à Kinshasa
Le cœur du message du gouverneur se situe cependant ailleurs : l’ISEA/Bengamisa a besoin d’une réponse qui dépasse les capacités de la seule province. Paulin Lendongolia a annoncé son intention de saisir les ministères compétents et de porter les préoccupations de l’établissement auprès du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Objectif : mobiliser des moyens pour réhabiliter les infrastructures, moderniser les équipements et améliorer durablement les conditions d’études et de travail.
Cette démarche ouvre une nouvelle étape. Mais pour l’ISEA/Bengamisa, l’essentiel reste à venir : le passage des annonces aux financements et des engagements aux travaux.
Bengamisa attend désormais des actes
La visite du gouverneur a replacé l’établissement au centre du débat sur l’avenir agricole de la Tshopo. Former de bons agronomes dans une province à forte vocation agricole ne relève pas seulement d’une politique éducative. C’est aussi une question de production, d’emplois, de sécurité alimentaire et de développement local.

Pour les étudiants et les responsables de l’ISEA/Bengamisa, le signal politique est lancé. Reste à savoir si ce plaidoyer débouchera sur des investissements concrets. Car à Bengamisa, les besoins sont déjà identifiés. Ce qui manque désormais, ce sont les moyens de transformer l’ambition en résultats.
Blaise MUSSA
Rédaction
+243852402006
