SOTEXKI : Plus de 7 millions USD sous soupçon, l’Assemblée nationale exige une enquête parlementaire

SOTEXKI : Plus de 7 millions USD sous soupçon, l’Assemblée nationale exige une enquête parlementaire

La relance de la Société Textile de Kisangani (SOTEXKI) est au cœur de la controverse. Ce mercredi 29 avril 2026, lors de l’examen d’une question orale avec débat initiée par le député national Theoveul Lotika, plusieurs élus ont réclamé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’utilisation des 7,6 millions USD décaissés en 2023.

Au centre des préoccupations : l’état actuel de l’entreprise, toujours en faillite malgré ces financements publics. « Au lieu d’une renaissance de la SOTEXKI, nous assistons plutôt à un scandale financier », a dénoncé un député lors des échanges.

L’élu de Kisangani, Fontaine Mangala, a souligné des incohérences dans la gestion des fonds. « Le rapport circonstancié du DG indique que 200.000 USD ont été payés à la SNEL alors qu’il n’y a pas d’électricité à la SOTEXKI actuellement. Comment le gouvernement verse-t-il 7.600.000 USD pour la relance de la SOTEXKI alors que le comité de gestion paie 1.200.000 USD pour les émoluments des administrateurs ? Cela pose déjà problème », a-t-il affirmé.

Face à ces soupçons, Theoveul Lotika a plaidé pour une mission parlementaire de terrain. « Il est essentiel de confirmer un détournement de fonds. Une commission doit être mise en place pour recueillir des informations exhaustives sur l’utilisation des financements publics alloués à la SOTEXKI », a-t-il insisté.

Répondant à ces interpellations, le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana Ngongo, a présenté un résumé d’un rapport datant d’octobre 2024. Selon ce document, « 68 % de la première tranche ont été affectés aux investissements, tandis que 32 % ont servi aux charges d’exploitation et de fonctionnement ».

Le ministre s’est également montré favorable à l’initiative parlementaire. « Je suis d’accord avec la mise en place d’une commission d’enquête », a-t-il déclaré, tout en révélant que la Première ministre a déjà suspendu tout financement supplémentaire. « Cette décision restera en vigueur jusqu’à ce que des éclaircissements soient apportés sur les affectations réelles de la première tranche », a-t-il précisé.

Dans la foulée, l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité d’études approfondies avant toute tentative de relance de l’entreprise textile. Une approche soutenue par le député Olive Mudegereza, qui propose de redéfinir la mission de la SOTEXKI. « Pourquoi ne pas orienter cette relance vers la production des tenues de la PNC et des FARDC ? », a-t-il suggéré.

Ce dossier sensible, mêlant enjeux économiques et soupçons de mauvaise gestion, pourrait ainsi marquer un tournant dans le contrôle de l’utilisation des fonds publics en République démocratique du Congo.

Blaise MUSSA

Rédaction
+243852402006

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