
Le ministère de l’Environnement a lancé, mardi 9 septembre 2025, à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo en République démocratique du Congo, les travaux de l’atelier des consultations provinciales sur la réforme relative à la gestion durable de la faune sauvage en RDC.
Présidée par la ministre provinciale de l’Environnement, Bijou Koy, cette rencontre réunit des acteurs venus de toutes les provinces issues de l’ex-Province Orientale.
Elle s’inscrit dans le processus national visant à doter le pays d’une Politique Nationale sur la Faune Sauvage (PNFS), afin d’adapter le cadre légal et institutionnel aux réalités socio-économiques actuelles et aux engagements internationaux de la RDC.
Dans son allocution, la ministre a rappelé que la RDC figure parmi les dix pays de la méga-biodiversité mondiale, abritant plus de 50 % de la biomasse des mammifères d’Afrique centrale et quatre des cinq espèces de grands singes.
La Tshopo et l’ensemble de la Grande Orientale présentent un patrimoine naturel exceptionnel : les éléphants de la Garamba, les okapis de l’Ituri, les chimpanzés et autres primates de nos forêts, mais aussi des parcs emblématiques comme la Maïko et la Lomami. Ce trésor n’appartient pas seulement à notre pays, il est aussi un bien pour l’humanité, a-t-elle déclaré.

Tout en saluant les efforts de l’État congolais, notamment à travers la création de 32 millions d’hectares d’aires protégées (14 % du territoire national), la ministre a mis en garde contre les menaces persistantes : croissance démographique, commerce informel de la viande de brousse, surexploitation et cadre légal obsolète. “Agir demain plutôt qu’aujourd’hui pourrait être trop tard”, a-t-elle averti, appelant à une réforme urgente du secteur.
Pour sa part, le représentant de la FAO, Serge SABI, partenaire financier de l’atelier, a insisté sur le rôle central de la Tshopo concernant la faune, en soulignant que cette province est stratégique. En effet, elle dispose d’une faune très riche, mais celle-ci n’est pas gérée de manière durable.
L’atelier de Kisangani, qui se déroule jusqu’au 12 septembre, vise à favoriser l’appropriation provinciale de la réforme et à recueillir les contributions des différentes parties prenantes : société civile, monde académique, partenaires techniques et financiers, ainsi que le secteur privé.
“Les contributions de chacun de nous sont précieuses. Ensemble, nous pouvons et nous allons gagner ce pari pour le bien-être de nos communautés locales et pour les générations futures”, a conclu la ministre en ouvrant officiellement les travaux, qui sont animés par une équipe du ministère national de l’Environnement et de la FAO venue de Kinshasa.
Omar MULENDE
Rédaction
+243852402006
