Tshopo : L’U.DE.BA accuse FODECO de graves violations des lois forestières et sociales

Tshopo : L’U.DE.BA accuse FODECO de graves violations des lois forestières et sociales

Au cours d’un point de presse organisé le samedi 18 juillet 2026, l’Union pour le Développement de Basoko (U.DE.BA) a exprimé sa vive inquiétude face à la poursuite des activités d’exploitation forestière de l’entreprise chinoise FODECO dans les groupements Bakulu, Wina Wina, Onduka-Opandu et Mohonge, situés dans la chefferie des Alouas, territoire de Basoko, province de la Tshopo.

Par la voix de son président du Conseil d’administration, le professeur Antoine Modia O’Yandjo, l’organisation affirme que cette exploitation se déroule depuis près de neuf ans au mépris des dispositions légales protégeant les forêts congolaises et les droits des communautés locales.

Selon l’U.DE.BA, un mémorandum a été transmis il y a un mois au Président de la République, aux présidents des deux chambres du Parlement, ainsi qu’aux ministres concernés. Ce document dénonce notamment l’absence d’études d’impact environnemental et social préalables, en violation de la loi n°11/009 du 9 juillet 2011 relative à la protection de l’environnement.

Des irrégularités administratives dénoncées

L’organisation accuse également FODECO d’avoir bénéficié d’une réhabilitation de concessions forestières par l’arrêté ministériel n°009/CAB/MIN/EDD/AAN/05/2018 du 1er février 2018, tout en étendant illégalement ses activités à quatre groupements qui, selon elle, ne figuraient pas dans les limites administratives initiales.

L’U.DE.BA dénonce par ailleurs la fusion arbitraire de plusieurs groupements dans une seule clause sociale de cahier des charges, estimant que cette pratique viole les dispositions de l’arrêté ministériel n°023 du 7 juin 2010 régissant les accords entre exploitants forestiers et communautés locales. Elle évoque également l’absence de déclarations trimestrielles aux comités locaux de gestion, des interférences des autorités territoriales, ainsi que la falsification présumée de la version officielle des clauses sociales approuvées par la Direction de Gestion Forestière.

Des violations sociales et des conditions de travail jugées inhumaines

Sur le plan social, l’U.DE.BA décrit une situation préoccupante. L’organisation affirme que les travailleurs recrutés localement sont employés sans contrat de travail et perçoivent des salaires inférieurs au SMIG congolais. Elle dénonce également des cas de mauvais traitements, d’agressions physiques, d’injures publiques, d’arrestations arbitraires et d’intimidations visant les membres des communautés qui réclament le respect de leurs droits. L’ONG affirme en outre que les travailleurs vivent dans des conditions précaires, sans véritable base de vie, certains dormant à même le sol et à ciel ouvert.

Des dégâts environnementaux alarmants

Selon les responsables de l’U.DE.BA, les activités de FODECO occasionnent des dommages considérables sur l’écosystème local. Ils évoquent notamment l’abattage d’arbres en dessous du diamètre minimum d’exploitation, la coupe d’essences non autorisées, l’exploitation hors des limites de concession, la destruction des marécages, des étangs naturels et des sources d’eau, ainsi que la disparition progressive de plusieurs espèces animales et végétales. L’organisation estime que cette situation contribue à l’appauvrissement des populations locales, notamment à travers la disparition des chenilles, escargots, oiseaux et gibiers qui constituent des ressources alimentaires importantes.

Quatre principales revendications

Face à cette situation, l’U.DE.BA demande au gouvernement congolais :
1. L’arrêt immédiat des activités d’exploitation forestière de FODECO à Basoko.
2. La réparation des préjudices subis par les communautés affectées.
3. L’orientation des concessions concernées vers la foresterie communautaire, conformément au Code forestier.
4. La valorisation de ces espaces forestiers, notamment leurs tourbières, dans le cadre des mécanismes de crédit carbone.

L’organisation sollicite également l’annulation de l’arrêté ministériel ayant réhabilité les concessions forestières de FODECO afin de rétablir les communautés locales dans leurs droits.

Critiques contre les autorités provinciales

Dans sa déclaration, l’U.DE.BA regrette les décisions successives prises depuis plusieurs années par les autorités provinciales concernant les activités de FODECO. Elle rappelle que le gouverneur de la Tshopo avait annoncé publiquement, le 10 juillet 2026 à Basoko, la suspension des activités de l’entreprise avant d’autoriser leur reprise le 16 juillet, soit six jours plus tard. Une volte-face que l’organisation considère comme incompréhensible et préoccupante, au regard des tensions persistantes sur le terrain.

Le professeur Antoine Modia O’Yandjo a lancé un appel à la mobilisation de toutes les filles et de tous les fils de Basoko, ainsi qu’aux élus nationaux, provinciaux et aux membres des gouvernements national et provincial, afin de défendre le patrimoine forestier, environnemental et culturel du territoire dans le respect de la loi et par des moyens pacifiques.

Blaise MUSSA

Rédaction
+243852402006

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