
Kisangani prise en otage : quand la lumière devient une arme politique
À Kisangani, la pénurie d’électricité n’est plus seulement un drame social ; elle est devenue, ces dernières semaines, un révélateur brutal des luttes souterraines qui minent nos institutions. Depuis des années, la capitale de la Tshopo survit avec une centrale hydroélectrique exsangue : un seul groupe opérationnel sur les 3 installés, 6 mégawatts produits pour un besoin dépassant 40.
Une ville étouffée, freinée dans son développement, condamnée à l’obscurité comme à l’immobilisme.
C’est précisément pour rompre ce cercle vicieux que le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait pris un engagement clair : améliorer concrètement le vécu quotidien des Boyomais et rendre à Kisangani son rang de troisième ville du pays. Avec l’appui d’Enabel et sous la supervision du gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, cet engagement s’est matérialisé par la réparation d’un second groupe de la centrale de la Tshopo. Résultat : une capacité portée à 13 mégawatts. En novembre 2025, la lumière est revenue, et avec elle l’espoir.
Mais cet espoir n’aura duré que trois semaines. Coïncidence troublante : à peine le gouverneur réhabilité par la Cour constitutionnelle et de retour à Kisangani, le groupe fraîchement réparé est arrêté pour de prétendues “vérifications techniques”. La ville replonge dans le noir. Les rumeurs enflent. L’opinion s’interroge. Et le soupçon s’installe : et si l’électricité était devenue l’otage d’un règlement de comptes politique ?
Face à cette situation, le gouverneur n’a pas fui ses responsabilités. Descente immédiate à la centrale, exigences de clarté, puis patience accordée aux techniciens de la SNEL. Une semaine demandée, quatorze jours écoulés, toujours rien.

Le 19 janvier 2026, l’autorité provinciale revient sur les lieux, cette fois avec fermeté. Ultimatum clair : le courant doit être rétabli avant 18 heures. Sinon, les instances compétentes seront saisies.
Le résultat est saisissant. Le groupe prétendument défaillant redémarre “comme par enchantement”, et l’électricité revient dans une large partie de la ville. Les faits parlent d’eux-mêmes et donnent du crédit à la thèse d’une manipulation politicienne destinée à discréditer le gouverneur et, au-delà, à fragiliser l’action du Chef de l’État dans la Tshopo.
Car ne nous y trompons pas : en privant Kisangani de courant, ce ne sont pas des hommes qu’on attaque, mais toute une population. Comme l’a lucidement résumé une citoyenne, le gouverneur survivra toujours, mais le peuple, lui, souffre immédiatement. Ces manœuvres obscures ne visent pas seulement Paulin Lendongolia Lebabonga ; elles cherchent à atteindre le président Tshisekedi à travers l’échec supposé de son programme.
La maturité de la population boyomaise, qui a su lire entre les lignes, est un signe encourageant. Plus que jamais, l’heure est à la vigilance citoyenne et à la confiance dans les institutions de la République. La lumière revenue à Kisangani doit être plus qu’un soulagement : elle doit éclairer les consciences et rappeler que l’intérêt général ne peut être sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles.
À Kisangani, même les machines semblent désormais répondre à l’autorité de l’État. À chacun de faire en sorte que Paulin Lendongolia Lebabonga serve, durablement, le bien commun.
Rédaction
+243852402006
