Kisangani : l’IFA-Yangambi vulgarise ses résultats de recherche et ses innovations au service du développement de la Tshopo

Kisangani : l’IFA-Yangambi vulgarise ses résultats de recherche et ses innovations au service du développement de la Tshopo

L’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA-Yangambi) a lancé, ce mercredi 26 août 2026, un atelier consacré à la vulgarisation des résultats de recherche et des innovations issus des travaux de ses scientifiques. La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la salle de l’École doctorale de cette institution d’enseignement supérieur, en présence de plusieurs autorités, partenaires techniques et financiers, chercheurs, enseignants, étudiants et acteurs du secteur agricole.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à la Gouvernance, à l’Insertion et à la Formation Agricole et Rurale dans la Tshopo (GIFT), mis en œuvre avec l’appui de l’Agence belge de développement, Enabel, et le financement de l’Agence Française de Développement (AFD).

L’objectif de ces assises, organisées sur deux jours, est notamment de rapprocher les résultats de la recherche des utilisateurs potentiels, de favoriser les échanges entre scientifiques et acteurs de terrain et de contribuer à la transformation des connaissances scientifiques en solutions concrètes pour le développement.

L’IFA-Yangambi appelle à mieux valoriser la recherche

Prenant la parole au nom du recteur, en mission, le Secrétaire général académique de l’IFA-Yangambi a salué la tenue de cette rencontre, estimant qu’elle constitue une occasion de faire connaître une partie du travail scientifique réalisé au sein de l’institution.

Il a rappelé que l’IFA-Yangambi demeure une institution de référence dans l’enseignement et la recherche agronomique en République démocratique du Congo.

Selon lui, même si les travaux présentés ne constituent qu’un échantillon de l’ensemble des recherches menées au sein de l’institution, ils permettent de mesurer l’ampleur du travail scientifique réalisé chaque année par les chercheurs.

Le Secrétaire général académique a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de transmission des résultats de recherche vers les décideurs et les utilisateurs.

« La vocation des institutions de l’enseignement supérieur et universitaire est de rendre service à la Nation à travers les innovations issues des travaux de recherche », a-t-il souligné, déplorant toutefois les difficultés persistantes dans les circuits de diffusion de ces innovations.

Pour lui, la vulgarisation doit permettre de sensibiliser les différentes parties prenantes à la nécessité de mobiliser davantage de moyens en faveur de la recherche et de la diffusion des innovations, afin qu’elles puissent effectivement bénéficier aux producteurs et aux communautés.

Le partenariat IFA-Yangambi-Enabel mis en avant

Le responsable académique a particulièrement salué le partenariat entre l’IFA-Yangambi et Enabel dans le cadre du projet GIFT.

Il a rappelé que, grâce à une convention de subsides financée par l’AFD, plusieurs activités ont été réalisées au sein de l’institution, notamment des formations en méthodes et techniques diagnostiques et agricoles destinées aux producteurs, des formations en pédagogie active dans le système LMD ainsi qu’un appui aux activités de recherche-action conduites par les scientifiques de l’IFA-Yangambi.

D’autres réalisations ont également été citées, notamment les formations en entrepreneuriat agricole, ainsi que la dotation de matériels informatiques et de kits photovoltaïques de grande capacité aux campus de Kisangani et de Yangambi.

Toutefois, le Secrétaire général académique a souhaité la poursuite de ce partenariat, estimant que la durée limitée de la convention n’a pas toujours permis aux chercheurs de mener à terme certaines recherches, particulièrement celles impliquant du matériel biologique soumis à des cycles de vie spécifiques.

Il a ainsi plaidé pour la continuité de l’accompagnement afin de permettre aux scientifiques de parachever les travaux déjà engagés et d’explorer de nouveaux domaines liés à la formation et à la recherche agronomiques.

« Décloisonner les savoirs et rapprocher la science du terrain »

De son côté, le Directeur général chargé de la recherche a souhaité la bienvenue aux participants à cette première édition de l’atelier de vulgarisation des résultats de recherche et d’innovation de l’IFA-Yangambi.

Il a insisté sur la nécessité de considérer la science non seulement comme une accumulation de connaissances, mais également comme un instrument permettant de répondre aux défis de la société.

Durant les deux journées, a-t-il expliqué, l’objectif est triple : partager les avancées de la recherche dans les domaines agronomiques, confronter les regards et les expériences, mais aussi décloisonner les savoirs en favorisant le dialogue entre les différentes disciplines.

L’atelier doit également contribuer à « construire des ponts solides entre la théorie scientifique et les réalités de nos sociétés », a-t-il indiqué.

La science au service du développement de la Tshopo

Dans son allocution, le Professeur Meniko, coordonnateur adjoint du projet GIFT au sein de l’IFA-Yangambi, a placé la vulgarisation scientifique au cœur des enjeux de développement de la province de la Tshopo.

Il a rappelé qu’une institution scientifique ne se limite pas à ses amphithéâtres, laboratoires ou diplômes. Sa véritable contribution se mesure également à sa capacité à produire des connaissances, à les partager et à les confronter aux réalités de la société.

Les recherches de l’IFA-Yangambi couvrent notamment l’agriculture, l’élevage, la fertilité des sols, la foresterie, l’agroforesterie, la biodiversité, l’environnement, les ressources naturelles et le développement rural.

Pour le professeur Meniko, la question essentielle reste celle de l’utilisation effective des résultats scientifiques.

À quoi sert, en effet, une connaissance scientifique si elle reste inconnue de ceux qui pourraient l’utiliser ? À quoi sert une innovation lorsqu’elle demeure confinée dans un mémoire, une thèse ou un rapport ?

Cette réflexion a conduit à mettre en avant la vulgarisation comme une étape essentielle de la valorisation de la recherche.

Faire dialoguer chercheurs, décideurs et communautés

Le coordonnateur adjoint du projet GIFT a également appelé à renforcer les liens entre la recherche scientifique, les politiques publiques et les réalités du terrain.

La Tshopo dispose d’importantes potentialités agricoles, forestières et environnementales, mais reste confrontée à plusieurs défis, notamment l’amélioration de la production agricole, la sécurité alimentaire, la gestion durable des ressources naturelles, la conservation de la biodiversité, l’adaptation aux changements climatiques et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Face à ces enjeux, a-t-il estimé, les décisions administratives et les investissements financiers doivent être accompagnés de données fiables, de diagnostics scientifiques et d’innovations adaptées aux réalités locales.

Dans cette dynamique, l’IFA-Yangambi est appelé à jouer pleinement son rôle de centre de production et de diffusion des connaissances au service de la Tshopo, de la République démocratique du Congo et du Bassin du Congo.

L’intervenant a également insisté sur la nécessité de rapprocher les chercheurs, les décideurs publics, les acteurs de terrain, les partenaires et les communautés.

Selon lui, le chercheur produit les connaissances, le décideur les transforme en politiques et programmes, l’acteur de terrain les expérimente et les communautés les utilisent, les évaluent et contribuent à leur amélioration.

Des résultats scientifiques pour éclairer l’action publique

La présence des autorités provinciales à cette rencontre a été présentée comme un signal important en faveur d’un rapprochement entre la science et la décision publique.

L’objectif n’est pas de transformer automatiquement chaque résultat scientifique en politique publique, mais de permettre aux décideurs de disposer des connaissances nécessaires pour orienter leurs choix.

« Aucune politique publique ambitieuse ne devrait se priver de la connaissance scientifique disponible », a souligné le professeur Meniko.

Au terme de l’atelier, les organisateurs espèrent ainsi renforcer les passerelles entre la recherche scientifique, les politiques publiques, les pratiques professionnelles et les besoins des communautés.

Les travaux doivent se poursuivre autour de différentes présentations et échanges consacrés aux résultats de recherche et aux innovations développés par les scientifiques de l’IFA-Yangambi.

Blaise MUSSA

Rédaction
+243852402006

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