
Crise humanitaire au Haut-Uélé : le caucus des parlementaires alerte la ministre du Genre sur le sort de 60 000 déplacés
Face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Haut-Uélé, une délégation du caucus des députés nationaux et sénateurs de cette région a été reçue en audience, ce lundi 14 juin, par la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, dans son cabinet de travail.
L’objectif de cette rencontre officielle était d’alerter le gouvernement central sur les conséquences dramatiques des récentes incursions des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire de Mambasa (Mugwere), dont les effets collatéraux frappent de plein fouet les populations civiles du Haut-Uélé.
Au sortir de l’audience, l’honorable Jean-Pierre Kezamudru Musisiri, porte-parole de circonstance du caucus, a dépeint un tableau sombre de la situation sur le terrain. Ces attaques armées ont provoqué des déplacements massifs de populations, brisant de nombreux foyers. De nombreuses femmes se retrouvent séparées de leurs conjoints et des milliers d’enfants éloignés de leurs parents. À ce jour, plus de 60 000 personnes déplacées ont été regroupées au niveau provincial sur trois sites principaux : Isiro (chef-lieu de la province) : plus de 30 000 déplacés.Watsa (chef-lieu du territoire) : plus de 20 000 déplacés. Wamba (territoire) : plus de 10 000 déplacés. Le porte-parole a souligné l’urgence de la situation, aggravée par des conditions météorologiques difficiles.
Dans cette partie nord-est de la République Démocratique du Congo, la saison des pluies bat son plein, plongeant ces milliers de familles, majoritairement composées de femmes et d’enfants, dans une précarité extrême. Bien que la ministre d’État en charge des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Ève Bazaiba, se soit rendue à Isiro pour apporter une première aide, le caucus des parlementaires estime que cette intervention reste largement insuffisante face à l’ampleur du désastre. « C’est pourquoi nous continuons à faire ce périple.
Nous sommes venus voir la ministre du Genre, Famille et Enfant afin qu’elle fasse un plaidoyer à son tour, en tant que mère, pour ses enfants qui ont un besoin urgent d’assistance », a déclaré l’honorable Jean-Pierre Kezamudru Musisiri.
Sensible au cri de cœur des élus du Haut-Uélé, la ministre Micheline Ombae Kalama s’est dite profondément touchée par la détresse de ses compatriotes qui traversent, selon les mots des députés, « un enfer sur terre ».
La ministre du Genre a promis de porter personnellement ce dossier et de poursuivre un plaidoyer vigoureux auprès des instances décisionnelles du pays. Elle a assuré les parlementaires qu’une réponse idoine sera rapidement trouvée pour soulager la souffrance de ces milliers de familles et mettre fin à cette crise humanitaire aiguë.
Élie Basumbikwa
Rédaction
+243852402006
