Route Kisangani–Ubundu : face aux critiques, Lendongolia choisit les faits plutôt que la polémique

Route Kisangani–Ubundu : face aux critiques, Lendongolia choisit les faits plutôt que la polémique

La polémique autour de la réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu prend une nouvelle tournure. Dans une tribune de mise au point rendue publique le 15 août 2026, le porte-parole du gouverneur de la Tshopo, Me Michel Lumumba Byambe Lungange, monte au créneau pour répondre aux critiques formulées notamment par le député national Fontaine Mangala.

Sous le titre « Route Kisangani–Ubundu : quand les faits sont têtus, la polémique doit s’effacer », le porte-parole du gouverneur appelle à privilégier les documents, les faits et les mécanismes institutionnels plutôt que les débats sur les réseaux sociaux.

Le contrat au cœur de la polémique

Selon cette mise au point, le principal élément permettant de déterminer la responsabilité dans le projet reste le contrat de réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu. Le document, indique le porte-parole, désigne la Province de la Tshopo, représentée par son gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, comme partie contractante.

La communication provinciale rejette ainsi les affirmations visant à attribuer la paternité contractuelle du projet à une autre province.

«« La solidarité interprovinciale n’efface pas la paternité contractuelle », soutient le porte-parole, qui distingue la responsabilité contractuelle de l’appui apporté par les provinces voisines.»

Le Maniema et le Nord-Kivu auraient en effet apporté leur soutien à la poursuite des travaux. Pour le cabinet du gouverneur, cette collaboration ne signifie toutefois pas que le projet change de propriétaire institutionnel.

Pas de rivalité entre la Tshopo, le Maniema et le Nord-Kivu

La communication du gouverneur veut surtout replacer le dossier dans une logique de coopération régionale.

Le porte-parole estime que la Tshopo, le Maniema et le Nord-Kivu ont davantage intérêt à unir leurs forces qu’à entrer en compétition autour d’un ouvrage considéré comme stratégique pour les échanges économiques et humains dans cette partie de la République démocratique du Congo.

L’idée défendue par l’administration provinciale est claire : une route destinée à rapprocher les populations ne devrait pas devenir un sujet de division entre leurs dirigeants.

Le gouverneur Paulin Lendongolia est ainsi présenté comme assumant une démarche de collaboration interprovinciale destinée à maintenir la dynamique des travaux, parallèlement aux démarches entreprises au niveau national pour obtenir le financement complémentaire nécessaire à l’achèvement du projet.

Les accusations de détournement rejetées

Autre point sensible de la polémique : les accusations de détournement ou de mauvaise utilisation des fonds affectés à la route.

Sur ce sujet, le porte-parole du gouverneur affirme qu’aucun fonds destiné à la réhabilitation de la route n’aurait été détourné et invite les personnes qui avancent de telles accusations à produire les éléments susceptibles de les étayer.

Il rappelle également qu’à la signature du contrat, l’équivalent de 30 % du montant global aurait été transféré à l’entreprise afin de permettre le démarrage des travaux, lesquels auraient effectivement commencé.

La communication provinciale affirme que ce premier financement a été capitalisé dans la phase initiale des travaux et que des traces documentaires existent.

« Gouverner, c’est aussi mobiliser »

Pour le cabinet du gouverneur, la mobilisation du financement complémentaire ne peut pas être réduite à une simple opération administrative. Elle nécessite, selon lui, des démarches auprès des autorités nationales, du plaidoyer, du suivi institutionnel et une présence constante dans les circuits décisionnels.

C’est dans cette logique que Paulin Lendongolia aurait sollicité l’appui du Maniema et du Nord-Kivu pour permettre à l’entreprise de poursuivre ses opérations sur le terrain pendant que les procédures de mobilisation des ressources se poursuivent au niveau national.

Le porte-parole qualifie cette démarche de « management public intelligent », estimant qu’un gouverneur qui obtient le soutien de ses homologues pour faire avancer un projet dont bénéficie sa population ne renonce pas à la responsabilité de la Tshopo, mais fédère les énergies autour de l’intérêt général.

Une autorisation nationale au centre des explications

La tribune revient également sur l’autorisation accordée le 13 août 2026 par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Shabani Lukoo Bihango J.

Le porte-parole affirme que cette autorisation s’inscrit dans un processus administratif et dans le prolongement d’une initiative collective portée par le gouverneur de la Tshopo, notamment autour du suivi et de l’évaluation de l’état d’avancement des travaux de réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu.

Il rejette ainsi l’idée d’une initiative isolée qui serait apparue soudainement dans l’espace public.

« La Tshopo n’a rien à gagner à entrer en compétition avec le Maniema »

Au-delà de la controverse, le message du cabinet provincial se veut politique et institutionnel.

La tribune appelle les acteurs politiques de la Tshopo à abandonner une conception de la politique dans laquelle chaque responsable chercherait à s’attribuer exclusivement les résultats positifs.

Le gouverneur est présenté comme privilégiant une autre approche : construire des ponts plutôt que des querelles, mobiliser les énergies plutôt que les opposer et partager les responsabilités plutôt que se disputer la gloire.

Dans les prochains jours, annonce encore la communication, Kisangani devrait accueillir des représentants de plusieurs provinces voisines, notamment la Tshuapa, le Haut-Uélé, la Mongala et le Bas-Uélé, pour des réflexions consacrées à la planification et à la mise en place de mécanismes de collaboration autour de projets d’intérêt commun.

Le gouverneur choisit « le camp du travail »

Face aux critiques qui se multiplient sur les réseaux sociaux, le porte-parole affirme que Paulin Lendongolia a choisi de ne pas consacrer son mandat à répondre à chaque polémique.

«« Gouverner, c’est construire. Gouverner, c’est négocier. Gouverner, c’est mobiliser. Gouverner, c’est rendre compte », rappelle-t-il dans cette tribune.»

Le cabinet provincial invite ainsi la population de la Tshopo à la sérénité et à la confiance envers ses institutions, tout en appelant les acteurs politiques à privilégier les faits et les documents lorsqu’ils mettent en cause la gestion d’un projet public.

Au-delà de la bataille des déclarations, le dossier Kisangani–Ubundu pose donc une question essentielle : qui parle le plus fort sur Internet, ou qui travaille réellement à faire aboutir la route ? C’est sur ce terrain que le Gouvernement provincial dit vouloir désormais placer le débat.

Rédaction
+243852402006

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