RDC : entre salaires dérisoires, retards de paie  et agents fictifs, Me Blaise Monduka exige des solutions concrètes

RDC : entre salaires dérisoires, retards de paie et agents fictifs, Me Blaise Monduka exige des solutions concrètes

À l’occasion de la célébration de la Journée internationale du travail, Maître Blaise Monduka, coordonnateur de l’ONG Ukumbosho et défenseur des droits de l’homme, dresse un tableau préoccupant des conditions de vie des travailleurs en République démocratique du Congo. Il appelle à des réformes urgentes pour restaurer la dignité du travailleur congolais.

Pour cet acteur de la société civile, le travail constitue un droit fondamental pour tout citoyen. À ce titre, la journée du 1er mai ne devrait pas se limiter à une simple célébration, mais plutôt servir de cadre de réflexion approfondie sur les conditions de travail et la rémunération des agents.

« Beaucoup de travailleurs ne sont pas motivés et ne bénéficient pas d’un encadrement adéquat de la part de l’État », déplore-t-il. Selon lui, les salaires perçus à la fin du mois restent largement insuffisants pour couvrir les besoins essentiels. Entre loyers, frais scolaires et charges familiales, les revenus actuels ne permettent pas aux agents de vivre dignement.

Comparant la situation congolaise à celle d’autres pays, Me Monduka souligne que, ailleurs, les salaires répondent à des standards de vie plus cohérents, alors qu’en RDC, ils demeurent essentiellement alimentaires et très limités.

L’activiste pointe également un problème structurel lié à la gestion des effectifs dans la fonction publique. Il rappelle que lors d’un Conseil des ministres tenu en février 2025, le Président de la République avait instruit la Première ministre de procéder à un audit du fichier des agents publics afin d’identifier les agents fictifs et les doublons.

« Cette opération devait permettre d’assainir le fichier de paie et de mieux maîtriser le budget de l’État. Malheureusement, sa non-application dans les délais impartis, soit 30 jours, s’apparente à un sabotage de la vision du chef de l’État », affirme-t-il.

Selon Me Monduka, cette situation contribue aux retards récurrents dans le paiement des salaires, créant ainsi un climat social tendu susceptible de générer des conséquences graves au sein de la société.

Face à ces défis, il exhorte le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide notamment pour la création d’emplois, un meilleur suivi des entreprises tant formelles qu’informelles, ainsi qu’une réforme en profondeur du système de gestion des agents publics.

Enfin, il insiste sur le respect strict du calendrier de paie. « Même si les salaires restent faibles, leur paiement régulier et à temps pourrait déjà soulager tant soit peu les travailleurs », conclut-il.

Un appel pressant qui relance le débat sur la justice sociale et la gouvernance du secteur public en RDC.

Eunice Ifanda

Rédaction
+243852402006

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