Gouvernement Lendongolia 2 : un remaniement quasi total, avantage ou désavantage pour le gouverneur ? Marie-Paul Kendewa en livre une analyse politologique

Gouvernement Lendongolia 2 : un remaniement quasi total, avantage ou désavantage pour le gouverneur ? Marie-Paul Kendewa en livre une analyse politologique

48 heures après la publication du gouvernement Lendongolia 2, les langues se délient au sein de l’élite tshopolaise, mais certaines voix murmurent encore en silence. Les membres du gouvernement Lendongolia 1 ont été quasiment remplacés, un seul ayant été reconduit.

Neuf nouvelles figures font donc leur entrée au gouvernement provincial de la Tshopo. Selon le gouverneur de province, Paulin Lendongolia Lebabonga, sa nouvelle équipe gouvernementale est engagée et déterminée.

« J’ai mis en place une équipe engagée, consciente des défis actuels et déterminée à travailler sans relâche pour l’intérêt supérieur de notre province », a déclaré l’autorité provinciale.

Interviewé ce lundi 23 février 2026, le chef de travaux Marie-Paul Awa Kendewa, analyste politique et enseignant-chercheur en relations internationales à l’Université de Kisangani, affirme que ces nominations constituent un renouement d’alliance avec certaines personnalités politiques.

« Si l’on fait une analyse politologique, on va voir que parmi ceux qui sont nommés, il y a des frères de grands politiques de ce pays, il y a des frères de ceux qui ont voix au chapitre dans l’histoire politique du pays. Voilà pourquoi ceux-là ont été recommandés. Mais l’essentiel, pour la population, c’est de voir ces gens-là travailler pour le fonctionnement du gouvernement », a-t-il affirmé.

D’après l’analyste politique, la province est dans une grande léthargie qui ne dit pas son nom. Cette léthargie se fait sentir dans des travaux de réhabilitation qui, en principe, devraient se réaliser dans un laps de temps réduit, mais qui prennent malheureusement de longues durées. La province est en recul malgré les travaux lancés de gauche à droite ; elle n’a pas encore trouvé l’élan de développement.

Remaniement quasi total du gouvernement : incompétence ou besoin de changement ?

Parmi les dix (10) ministres qui composaient le gouvernement Lendongolia 1, un seul a été reconduit dans le gouvernement Lendongolia 2. La cause profonde et véritable de ce remaniement radical relève du pouvoir discrétionnaire du gouverneur, dit Marie-Paul Awa Kendewa, mais de manière apparente, la question se pose quant au nombre de ministres remplacés.

Toujours dans son intervention, quelque temps après ces nominations, l’autorité provinciale a déclaré, je cite : « Mon gouvernement se veut celui de l’action, de la responsabilité et de la proximité avec la population ».

« Notre priorité reste claire : renforcer la sécurité, améliorer la gouvernance, accélérer le développement et apporter des réponses concrètes aux attentes de nos concitoyens. Dans l’unité, la rigueur et l’esprit de service, nous devons poser des actes forts et durables pour bâtir une province plus stable, mieux organisée et résolument tournée vers l’avenir », a-t-il ajouté.

« Il n’y a pas la danse avant la musique », dit ce chercheur. Selon lui, ce déterminisme frise une justification qui ne tient pas du point de vue des indices de développement. On ne peut pas dire que tous ceux qui sont sortis ont démérité, et d’ailleurs, il y a déjà des indices qui montrent que si la nouvelle équipe ne se met pas au travail, ce sera encore un chaos, a-t-il enchaîné.

Départ de ministres après la motion : un possible élément déclencheur du remaniement radical ?

En date du 27 octobre 2025, alors qu’il se trouvait à Kinshasa, le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga a été frappé par une motion de défiance portée par l’élu de Kisangani, le député Bienvenue Bolonge. Dix-huit députés provinciaux présents à la plénière avaient voté pour cette motion de défiance, parmi lesquels figuraient les suppléants des élus nommés ministres au gouvernement Lendongolia 1.

Après cette motion, certains ministres ont démissionné de l’exécutif pour rejoindre l’Assemblée provinciale. Certaines voix affirment que c’était pour soutenir le gouverneur au sein de l’organe délibérant, tandis que d’autres parlent d’un acte de détachement politique vis-à-vis du chef. Pendant ce temps, Paulin Lendongolia contestait sa destitution devant la Cour constitutionnelle, où il avait obtenu gain de cause.

Avec ce genre de situation, le gouverneur a été quelque peu pris par la colère, estime l’analyste politique. Marie-Paul Awa Kendewa voit un gouvernement mis en place pour défier les autres. Selon lui, cette composition relève aussi de sa destitution et du fait qu’il ait été rétabli par la Cour constitutionnelle ; il est revenu pour rendre des comptes à ceux qui avaient voté contre lui. S’il ne se reprochait rien, je ne vois pas pourquoi démettre tous les autres, s’interroge-t-il.

Retour de ces députés à l’Assemblée provinciale : avantage ou désavantage pour le gouverneur ?

Si les députés provinciaux issus du gouvernement Lendongolia 1 sont frustrés par ces nominations, ils peuvent se liguer contre le gouverneur à l’Assemblée provinciale, ce qui ne serait avantageux ni pour Paulin Lendongolia ni pour la province. Cependant, s’ils ne le sont pas et qu’ils gardent confiance au gouverneur, politiquement parlant, la confiance de l’autorité provinciale sera renforcée au sein de l’organe délibérant.

Une hypothèse décortiquée par Marie-Paul Awa Kendewa, qui ne voit aucun danger pour l’avenir politique du gouverneur de province si les règles du jeu sont respectées. Pour lui, parler aujourd’hui d’animosité entre l’Assemblée et le gouvernement provincial revient simplement au fait que certains n’ont pas la gouvernance entre les mains.

La beauté de ces institutions provinciales est d’assurer le fonctionnement harmonieux de la province : chacune, en ce qui la concerne, fait ce qui lui revient de droit. Aujourd’hui, on a essayé de politiser un peu tout parce que les gens sont dans la corruption, dans la concussion et dans le détournement, a avancé cet analyste politique.

Le contrôle que l’Assemblée provinciale peut exercer sur le gouvernement devient désormais un motif d’acharnement, a-t-il ainsi conclu.

Vincent MASHAURI

Rédaction
+243852402006

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