Conflits fonciers à Kisangani : Pourquoi le dossier Lubuya-Bera reste-t-il sans solution ?

Conflits fonciers à Kisangani : Pourquoi le dossier Lubuya-Bera reste-t-il sans solution ?

À l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2026, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga Londimo, a souligné la question des conflits fonciers parmi les préoccupations majeures de son discours. Au centre de son intervention se trouve la situation administrative de Lubuya-Bera, dans la ville de Kisangani, dont la clarification est présentée comme une piste pour mieux encadrer la gestion de l’espace et prévenir les tensions foncières.

Devant le gouverneur de province, Paulin Lendongolia, ainsi que les membres du comité provincial de sécurité, les ministres provinciaux, les députés provinciaux et plusieurs responsables de l’administration publique, le président a appelé les services de l’État à une meilleure collaboration et au strict respect des attributions de chacun.

Selon Mateus Kanga Londimo, les chevauchements de compétences et les interférences entre services publics compliquent l’action administrative, pénalisant ainsi les populations bénéficiaires.

Derrière cette question institutionnelle se profile un autre problème : les conflits fonciers qui persistent dans plusieurs parties de la province.

Pourquoi les conflits fonciers persistent-ils ?

Les conflits autour de la terre demeurent une source de tensions en raison de :

– Familles en opposition
– Occupations contestées
– Limites de parcelles difficiles à établir
– Revendiquer des droits concurrents
– Dossiers fonciers qui s’éternisent

Plusieurs questions émergent : Les mécanismes de gestion du foncier sont-ils clairs ? Les services intervenant dans le domaine foncier ont-ils des compétences bien délimitées ? Pourquoi certains dossiers resurgissent-ils au fil des sessions de l’Assemblée provinciale ?

La clarification du statut administratif des entités concernées pourrait-elle réduire les contestations liées à la gestion et à l’occupation des espaces ?

Lubuya-Bera, une situation administrative au cœur du débat

C’est dans ce contexte que Lubuya-Bera a été particulièrement mentionnée par le président de l’Assemblée provinciale. Mateus Kanga Londimo a appelé le gouvernement provincial à finaliser le projet d’édit visant à régler la question administrative de cette entité et à le transmettre à l’Assemblée provinciale pour examen et adoption en urgence.

Pour l’organe délibérant, l’enjeu dépasse la simple organisation administrative. Il touche à la nécessité d’un cadre institutionnel précis pour faciliter la gestion du territoire et limiter les zones d’incertitude qui favorisent les conflits.

Cependant, plusieurs questions demeurent : Quelles sont précisément les limites administratives de Lubuya-Bera ? Quelles compétences doivent revenir aux autorités locales et aux différents services de l’État ? Comment sécuriser les droits des occupants et des propriétaires face aux revendications foncières ? La clarification administrative suffira-t-elle à résoudre les conflits fonciers ?

Du constat aux solutions concrètes

Le président de l’Assemblée provinciale semble vouloir inscrire cette question dans une logique d’action. La répétition des préoccupations au cours de plusieurs sessions appelle, selon lui, des réponses concrètes de la part des autorités provinciales.

La finalisation du projet d’édit sur Lubuya-Bera pourrait constituer une première étape. Cependant, la résolution durable des conflits fonciers nécessiterait également une meilleure coordination des services concernés, une clarification des compétences et un traitement rapide et transparent des dossiers litigieux.

Au-delà des textes et des limites administratives, une question centrale demeure : Comment garantir une gestion foncière claire et équitable pour éviter que les contestations autour de la terre ne deviennent des sources permanentes de tensions entre familles, communautés et administrations ?

Pour rappel, la ville de Kisangani comprend six communes ainsi que le secteur de Lubuya-Bera. Cette particularité administrative souligne l’importance de clarifier son statut pour l’organisation et la gestion de la ville.

Blaise MUSSA / Isabelle Bolinde

Rédaction
+243852402006

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