Ebola en Tshopo : Mateus Kanga Londimo met le gouvernement provincial face à ses responsabilités

Ebola en Tshopo : Mateus Kanga Londimo met le gouvernement provincial face à ses responsabilités

À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, ce mercredi 30 septembre 2026, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, l’honorable Mateus Kanga Londimo, a consacré une importante partie de son discours à l’épidémie de maladie à virus Ebola. Dans l’hémicycle, il a appelé à renforcer la riposte, tout en soulevant des interrogations sur la gestion provinciale de l’alerte et de la réponse sanitaire.

La salle des séances plénières de l’Assemblée provinciale de la Tshopo a été, ce mercredi, le théâtre de l’ouverture officielle de la session ordinaire de septembre. Dans son discours, le président de l’organe délibérant a placé la situation sanitaire au cœur de ses préoccupations, alors que la province continue de faire face à l’épidémie d’Ebola.

Pour Mateus Kanga Londimo, les décès déjà enregistrés, notamment parmi les professionnels de santé, illustrent la gravité de la situation et imposent une mobilisation accrue de tous les acteurs. Le décès du docteur Victor Kingombe, survenu le 24 septembre au Centre de traitement Ebola de Kisangani, a notamment été cité comme un signal d’alerte. Il s’agissait du premier médecin décédé d’Ebola dans la province.

Dans son intervention, le président de l’Assemblée provinciale a insisté sur la responsabilité collective dans la lutte contre la maladie. Il a appelé la population à signaler rapidement les cas suspects, à faciliter le suivi des contacts et à collaborer avec les équipes de riposte. Il a également plaidé pour une lutte renforcée contre les rumeurs, la désinformation et la stigmatisation.

Mais son discours a surtout pris une dimension de questionnement à l’égard de la gestion provinciale de l’épidémie.

Le ministre provincial de la Santé doit-il s’expliquer davantage ? C’est l’une des principales interrogations soulevées dans l’hémicycle. Mateus Kanga Londimo a directement mis en cause la réponse du ministère provincial de la Santé, estimant que certaines alertes antérieures auraient dû entraîner des mesures plus rapides.

Le président de l’Assemblée provinciale a notamment évoqué une question d’actualité qui aurait été adressée au ministre provincial de la Santé lors de la précédente session. Selon son intervention, il s’interroge sur la manière dont les premières alertes auraient été prises en compte et sur les mesures mises en œuvre à cette période.

Plus précisément, il a demandé que la lumière soit faite sur les circonstances ayant permis, selon lui, le passage, dans la nuit du 28 au 29 juin, du corps sans vie d’une jeune femme de 24 ans en provenance de Niania.

Qui avait été informé ? Quelles mesures de contrôle étaient alors en vigueur ? Les procédures sanitaires avaient-elles été correctement appliquées ? Et, surtout, y a-t-il eu des manquements dans la chaîne de surveillance ?

Ces questions, formulées publiquement par le président de l’Assemblée provinciale, appellent toutefois des éléments de preuve et des conclusions issues d’éventuelles enquêtes. À ce stade, elles constituent des interrogations politiques et institutionnelles et non l’établissement définitif de responsabilités.

Cette demande intervient dans un contexte où les médecins de la Tshopo ont eux-mêmes réclamé une enquête après le décès du Dr Kingombe et dénoncé plusieurs insuffisances dans la riposte.

Mateus Kanga Londimo a ainsi demandé au gouvernement provincial de poursuivre et de renforcer les efforts engagés, notamment en faveur des équipes déployées sur le terrain. Il a également insisté sur la disponibilité des moyens nécessaires à la sensibilisation communautaire et à la protection du personnel médical.

Au-delà de la controverse sur la gestion des premières alertes, le président de l’Assemblée provinciale a appelé les députés à jouer leur rôle de relais auprès de leurs bases. Il a également sollicité l’implication des responsables religieux, chefs coutumiers, organisations de la société civile, médias et leaders communautaires.

Pour la Tshopo, a-t-il insisté, l’enjeu dépasse les frontières provinciales. En raison de sa position géographique et de l’intensité des mouvements de personnes et de biens, la province est appelée à renforcer son dispositif de surveillance afin d’éviter une propagation de l’épidémie vers d’autres parties du pays.

L’ouverture de cette session ordinaire intervient donc sur fond de double exigence : renforcer la riposte contre Ebola et faire la lumière, le cas échéant, sur les éventuels dysfonctionnements relevés dans la gestion des premières alertes.

Une question demeure désormais au centre des débats : la Tshopo dispose-t-elle aujourd’hui des moyens, de la coordination et de la vigilance nécessaires pour empêcher une nouvelle aggravation de la crise sanitaire ?

Blaise MUSSA/ Isabelle Bolinde

Rédaction
+243852402006

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